Ce qu'on retiendra...

Publié le par Nadège et Eduardo

 PC050511

 

Nous voilà de retour depuis un mois déjà ! Après la période de réadaptation et la reprise du cours normal de nos vies…, on a pris un peu de temps pour réfléchir à ce qu’on a retiré de notre voyage et qu’on voulait partager avec vous.

 

D’autres points de vue

 

Ce voyage nous a permis de voir certaines conséquences concrètes des grands problèmes environnementaux et sociaux de ce monde :

- les dérèglements climatiques : retard de la saison des pluies et ses conséquences sur l’agriculture.

- la perte de la biodiversité aves les menaces qui pèsent sur la forêt équatoriale pour l’exploitation du bois, du pétrole…

-  les inégalités entre pays du Nord et du Sud, qui s’expliquent par l’appropriation des ressources par les pays du Nord. Ces pays riches en ressources naturelles sont restés pauvres à cause de décennies de colonisation et ça continue aujourd’hui avec le pétrole, les minéraux, les monocultures d’exportation (café, canne à sucre, bananes), les bois tropicaux…

- la perte des cultures locales et des savoirs ancestraux face à l’attrait du mode de vie occidental, véhiculé par les échanges mondiaux, par les médias ou les entreprises.

 

D’autres actions concrètes

 

Ce voyage nous a également permis de découvrir et de participer à des solutions mises en place là-bas pour lutter contre ces grands problèmes et dont on aurait tout intérêt à s’inspirer :

 

- les actions de l’association Tamia Yura visent à préserver la biodiversité et l’autosuffisance alimentaire. La famille a conservé et revendique un mode de vie simple, refusant de céder aux sirènes de l’occidentalisation.

- avec le même objectif mais pas le même point de départ, la famille anglo péruvienne de Tatiana et Andy fait le choix de revenir vivre simplement sur leurs terres et cherche à être autonome en tout.

- les actions de développement local de Ahuana et Mano a Mano permettent de lutter contre les situations d’extrême pauvreté et de réparer, même ponctuellement, les injustices en donnant accès à l’éducation, aux soins. En redonnant confiance, en formant et en responsabilisant, cela permet de les rendre acteur de l’amélioration de leurs conditions de vie sur le long terme.

- la valorisation et la conservation de la culture locale : avec par exemple la conservation des plantes natives, notamment médicinales, avec le groupe de danse, à Tamia Yura ou le projet de tourisme communautaire d’Ahuana.

- l’importance des liens sociaux, du collectif, de la solidarité dans la culture indigène, où les lieux de vie s’appellent communautés et non village, où les gens s’entraident encore par les travaux communautaires, les « mingas ». Et où le lien familial a encore une place très importante.

 

Le plein de leçons de vie

 

La simplicité

 

Une des grandes leçons aura été celle de la simplicité : le bonheur n’est surement pas lié à l’abondance, la preuve, on a vécu plus qu’heureux pendant trois mois avec le contenu de 3 sacs à dos ! Quel contraste avec nos placards pleins à notre retour !

On a vécu très simplement avec Edwin dans sa shakra à Tamia Yura. Une vie durablement en accord avec l’environnement, un rythme de vie calé sur celui de la nature, une ouverture aux autres par l’accueil de volontaires et à l'écoute de leurs vrais besoins, voilà leurs clés du bonheur !

Rien à voir avec notre mode de vie occidental insoutenable pour la planète et pour les hommes, où on est déconnectés de la nature et qui incite à l’individualisme...

 

Nos choix à l’avenir seront marqués par ce constat !

 

L’être plutôt que l’avoir

 

Les belles rencontres que nous avons pu faire tout au long du voyage ont été autant de leçons d’humanité.

 

Une des grandes leçons : chacun peut se bouger et changer les choses s’il le veut vraiment, s’il accepte de faire des efforts, et souvent des sacrifices au profit des autres, bref, le pouvoir de l’altruisme. On ne revient toujours pas de la détermination de Sylvie de l’association Mano à Mano, et de Simone d’Essor Ecuador, du dynamisme de Tatiana et son père Angel de Quellomayo et des efforts du padre Pierrick pour que son église soit engagée pour la dignité de ses fidèles.

 

Autre grande leçon : même ceux qui ont peu (matériellement parlant car humainement, c’est autre chose !) luttent constamment contre les difficultés, sont accueillants, ouverts en toute simplicité et avec parfois une joie de vivre et une envie de se battre à vous en couper le souffle, tout le contraire d’ici où malgré tout ce qu’on a, tout le confort, on est individualistes et insatisfaits !

Jorge le couchsurfer de Quito, sa chaleur, son hospitalité si naturelles restera un exemple pour nous. De même que l’ouverture et la gentillesse d’Alicia et Camillo, les parents de la famille de Tamia Yura et le respect et la fierté pour les mineurs et leur culture de Willy, notre guide dans les mines de Potosi.

 

Et bien sûr, la spontanéité, la sympathie, l’amitié partagée avec des voyageurs ou des gens de là bas, rencontrés dans les associations, en couchsurfing ou dans la rue, avec qui on a partagé un sourire, un éclat de rire, quelques phrases ou avec qui on a fait un bout de chemin…

 

Des rencontres comme celles-là vous donnent vraiment envie de vous améliorer !

 

Autres réflexions

 

- La fausseté des rapports marchands, l’importance de rapports humains ! On a bien vu la différence dans les relations qu’on a pu lier avec les gens qu’on payait (hôteliers, guides) et ceux qu’on ne payait pas (couchsurfers, hôtes wwoof,…)

 

- Le bien fondé du développement local. Le développement par la création de micro-entreprises parait nécessaire pour améliorer la condition des gens et rétablir un équilibre Nord/Sud. Mais doit-on imposer notre modèle de développement, alors qu’on connait ses méfaits ? Quels sont les améliorations alternatives qu’il faut promouvoir ?

 

- L’impact du tourisme sur les locaux : nouvelles inégalités, dépendance, modifications du mode de vie, perte de culture, image du Nord véhiculée par les touristes érigée en idéal.

Cependant, on a aussi vu des manières de faire du tourisme plus respectueuses. Des structures comme le Wwoof, le couchsurfing ou certains voyages solidaires et un certain état d’esprit de la part des touristes permettent de rendre la rencontre vraiment constructive pour les deux parties.

 

Et concrètement… ?

 

Pour répondre à la question : « Et qu’est-ce que ça a changé concrètement dans votre vie ? »

 

D’abord, ça nous a changé nous ! On a l’impression de s’être un peu plus ouvert les yeux et le cœur !

 

Ensuite, c’est difficile de détailler concrètement tout ce qui va changer mais on peut dire que ça nous a donné envie de poursuivre et concrétiser des actions, des choix qui sont en accord avec toutes ces convictions que le voyage a renforcé. Ce qu'on a découvert du mode de vie de là-bas et des conséquences de nos actions d'ici fera toujours écho au moment de faire des choix.

 

Etre à l'écoute de nos vrais besoins avant de consommer. Puis faire des choix de consommation en réfléchissant à leur impact sur la nature et les hommes. Par exemple soutenir une agriculture locale, respectueuse de la terre et du producteur en adhérant à une Amap.

 

Nous engager pour faire avancer le projet de jardins collectifs écolos sur notre commune et ses objectifs : retrouver le rapport à la terre, favoriser le lien social, éduquer à l'environnement.

... et plein d’autres choses encore que la vie nous réserve !!!

 

"Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde."

"Vivre tous simplement pour que tous puissent simplement vivre."

Gandhi

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