Association Ahuana
Nous voila arrives a San Francisco de Cunuguachay, petite communauté indigène des Andes. Ne cherchez pas sur une carte ! C’est tout près de Riobamba.
Ici un prêtre français, le « padre Pierrick » a monté avec les locaux tout un tas de projets visant a favoriser le développement local. La maison d’hotes qui nous accueille est l’un de ces projets, il y a aussi une boulangerie, une fabrique de confitures, une fromagerie. L’objectif est de créer de l’emploi local afin de limiter l’exode vers les villes.
Nous voici donc sur cette haute vallée andine, ou la température est beaucoup plus basse qu’a Tena ! Ca caille grave ! Il n’y a bien sur pas de chauffage, mais trois grosses couvertures sur le lit ! Ca change !
Les paysages sont aussi tout a fait différents, toute la vallée est cultivée, on voit bien que la terre a été travaillée depuis longtemps. L’horizon est domine par le volcan Chimborazo, qui culmine a 6310m, splendide maître des lieux ! On ne le voit que par temps dégagé, il n’a pas montre souvent le bout de son glacier depuis qu’on est la.
Et au bord des chemins, dans les champs, des lamas côtoient des vaches et des brebis.
Les gens portent l’habit traditionnel, ponchos aux couleurs vives et chapeau melon, ils sourient et nous saluent a tous les coups !
Ce mercredi, nous avons donne un coup de main a la « guarderia », c’est a dire une sorte de crèche pour les enfants de 6 mois a 5 ans ! 20 bambins les yeux rives sur nous, nous ont accueillis avec un énorme « BUENOS DIAS COMPAÑERITOS !!!! ». Nous voilà apprentis profesores, Eduardo avec un groupe et Nanou avec l’autre moitie ! Pas rassurés ! Nanou, les petits et Hugo, le prof officiel jouent dehors, tandis qu’Eduardo fait dessiner les bambins a l’intérieur, pas facile d’avoir de l’autorité ! Les gamins sont trop mignons, on leur apprend « le facteur n’est pas passé », traduit rapidement en « el mensagero no paso » !
On est agréablement surpris par la bonne alimentation qui leur est donnée ici, c’est l’un des principaux avantages de cette garderie, ici au moins ils ont de quoi manger…
Les profs Emilia et Hugo et la mamie qui fait la cuisine sont vraiment gentils !
Pierrick nous parle beaucoup de la culture indigène et des problèmes que rencontre cette communauté, notamment le racisme des métis. Pendant des siècles, les indigènes ont été soumis par les colons espagnols et ont du mal a retrouver leur identité et leur dignité, ils ne se rendent pas compte de la richesse qu représente leur culture. Les années de soumission et de racisme les poussent a ne pas transmettre cette culture.
De l’autre cote les métis (descendants des espagnols et des indigènes, qui ont le pouvoir politique et économique) se sentent supérieurs mais ont perdu toute identité historique.
Le travail de l’église ici consiste a faire retrouver leur dignité a ces gens a travers ces projets qui revalorisent leur culture et leur capacité a être acteurs de leur vie. Ca vous rappelle rien les Jocistes ?
A bientot pour les photos !